Le durcissement autour du droit d’auteur va t’il trop loin?

Dans le copyright madness reprenant tous les articles de Numérama de l’année 2014 qui font frémir ou rire, un article sur les dérives autour de la protection du droit d’auteur nous montre les dangers de la chose. Le rejet de l’ACTA ou de la SOPA en 2012 nous laissait entrevoir une réforme vers l’ouverture du droit d’auteur, mais il n’en n’est rien.

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C’est même plutôt le contraire qui s’est produit dans plusieurs pays du monde, qui s’enfoncent peu à peu dans une spirale répressive qui paraît sans fin. L’Espagne, pays jusqu’alors plutôt tolérant, c’est doté d’une méga hadopi, capable de faire pression sur les intermédiaires techniques et de blacklister des sites internet sans intervention des juges. En Russie, la loi a été modifiée pour que des sites puissent être bloqués sommairement au-delà de la première infraction au droit d’auteur. En Angleterre, on ne passe même plus par la loi : c’est une hadopi 100 % privée qui verra le jour en 2015, par simple entente entre les titulaires de droits et les FAI L’Australie se tournera elle-aussi l’année prochaine vers le blocage des sites pour lutter contre le « piratage » et veut mettre en place une riposte graduée.
Ce que l’on craignait avec l’accord ACTA ou la loi SOPA est en train peu à peu de devenir une réalité : les intermédiaires techniques sont de plus en plus impliqués dans la lutte contre le piratage, ce qui les transforme en « police privée du droit d’auteur ». Et ils sont nombreux à prendre ce virage volontairement, sans y être contraint par la loi ou par les juges. En 2015, on a pu ainsi voir une plateforme comme SoundCloud octroyer à Universal Music le droit de retirer des contenus directement, sans passer par les procédures de signalement prévues par la loi. Dropbox s’est mis à scanner les contenus stockés par ses utilisateurs pour vérifier s’ils ne comportaient des fichiers protégés. Le moteur de recherche Google a choisi de retrograder les liens « pirates » dans ses résultats, sans y être contraint par la justice. De son côté, YouTube va toujours plus loin dans l’application automatisée du droit d’auteur : son robocopyright – ContentID – vous dira désormais avant même que vous ne postiez une vidéo si vous violez ou non des droits d’auteur. Un beau mélange de Big Brother et de Minority Report…
Conséquence de ce durcissement continuel des lois sur le droit d’auteur, les titulaires de droits multiplient les abus, parfois jusqu’à l’absurde. Le chanteur Prince a ainsi été capable de réclamer 22 millions de dollars à des fans ayant posté sur Facebook quelques liens vers des vidéos de ses concerts. Sur la plateforme Mixcloud, il est interdit de « rembobiner » les morceaux de musiques à cause du droit d’auteur. La Ligue de Football refuse quant à elle que des vidéos Vine de quelques secondes ou de simples Gifs animés soient postés par les internautes.
Dans ce climat de délire, pas étonnant que la paranoïa finisse par s’installer et de voir un chocolatier refuser d’écrire le nom d’un enfant sur un oeuf de Pâques… par peur de violer le droit d’auteur !
Sur la page du site, les liens des articles de références sont insérés dans l’article.
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